02/09/2009

Budget fédéral à la recherche d’argent :: À quelle porte frapper ?


6b7a74d9b325 milliards d’euros. Pour la rentrée, patrons et ministres lancent leurs idées pour combler le gouffre du budget fédéral. Mais d’autres pistes de solutions sont avancées, notamment par les syndicats ou le Parti du Travail de Belgique (PTB).
 
Chez vous (selon les patrons ou les ministres libéraux)…

1. Consacrer moins d’argent aux soins de santé

Rudy Thomaes, dirigeant de la fédération patronale FEB, ne veut plus que le budget des soins de santé puisse augmenter de 4,5% par an, comme prévu dans la loi . Pour la FEB, les 23 milliards d’euros de la sécurité sociale consacrés aux soins de santé doivent diminuer.
    Ces 4,5% de croissance sont une norme arrachée par les syndicats en 2003, qui prend en compte une augmentation normale et nécessaire des dépenses en matière de santé : la population vieillit, la médecine progresse. Donc les besoins augmentent. De plus, les factures d’hôpitaux font exploser le budget des malades. Toucher à ces dépenses pourrait donc faire mal.

2. Moins de fonctionnaires et de service public, du fédéral au communal

La FEB veut réduire fortement le nombre de fonctionnaires et économiser ainsi 5 milliards d’euros. Sont visés : les fonctionnaires fédéraux (pense-t-on au domaine des finances où il manque de personnel pour lutter contre la fraude fiscale ?), et aussi – voire surtout - les agents communaux (pense-t-on aux balayeurs de rue ou aux employés des CPAS ?). Les pensions des fonctionnaires seraient aussi en ligne de mire.

3. Un « index vert » pour bloquer les salaires

Taxer les plus riches ? Pas question pour la FEB. Mais « aucun interlocuteur en Europe ou en Belgique ne peut refuser le débat sur la fiscalité verte. », estime Rudy Thomaes. Va pour taxer plus l’énergie ou des produits comme les bouteilles plastiques. A charge du consommateur.
    Mais le chef de la FEB précise qu’« il ne faut pas que, via l’index, cela entraîne une hausse des salaires. ». Sa solution : « un filtre pour que les produits plus chers ne fassent pas augmenter l’index, ce qui rendrait les salaires plus élevés. » En somme, la FEB veut introduire un « index vert ». Depuis 1993, la liaison des salaires au coût de la vie, via l’index, n’est plus totale : essence, diesel et cigarettes ont été retirés. On appelle ça pudiquement « l’index santé ».
    La FEB veut retirer de l’index toute une série d’autres produits qualifiés de polluants. L’index santé deviendrait l’index vert. Au nom de l’écologie, le patronat veut bloquer les salaires.
    Caroline Ven, chef de cabinet d’Herman Van Rompuy, chargée des questions socio-économiques, va moins loin mais insiste : « il est essentiel de maintenir la modération salariale. »

4. Augmenter les taxes sur l’énergie

Le secrétaire d'Etat Bernard Clerfayt (MR) propose d’augmenter les taxes sur l'énergie pour faire baisser les charges sur le travail.
    Ce qui est sûr : selon son plan, vous devrez payer plus. Il vise à augmenter progressivement les accises sur le diesel, le mazout et le gaz naturel de chauffage. Recettes attendues : 1,6 milliard d’euros. Votre facture était déjà élevée. Et bien avec le MR, ce sera encore plus cher, quelque soit votre revenu. Mais votre patron, lui, bénéficiera de la baisse des charges sur le travail.

… ou chez eux (selon les syndicats ou le PTB)

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12/07/2009

La FEB présente les quatre cartouches de son fusil anti-crise

Quand le gouvernement prépare un plan d’économies, les patrons de la FEB (Fédération des Entreprises Belgique) sont toujours les premiers à faire connaître leur desiderata. Et, cette fois-ci, ils font froid dans le dos.

Jo CottenierFEB


Plan de la FEB pour résoudre la crise : renforcer la mise au travail des +55 ans. Sera-t-il encore possible de profiter d'une pension bien méritée dans quelques années? (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Pieter Timmermans, le directeur général de la FEB, démarre avec un constat fort: « On flirte avec des chiffres de déficit et de taux d’endettement d’il y a vingt ans. On est pratiquement revenu à la situation des années 80. Et les gens vont comprendre qu’il faut prendre des mesures maintenant, avec un effet croissant . »

Cette façon de présenter les choses nous rappelle qu’il y a deux façons de mentir : par ce qu’on dit ou par ce qu’on ne dit pas. Le tout est de savoir POURQUOI on est pratiquement revenu à la situation des années 80. C’est pourtant très simple : parce que l’Etat a dû verser des sommes gigantesques pour secourir les banques. Parce que la chasse au profit maximum a entraîné l’économie mondiale dans la plus grande crise depuis les années 30. « Les gens vont comprendre qu’il faut prendre des mesures » dit Timmermans. Bien sûr que les gens comprennent. Le tout est de savoir LESQUELLES. Si on saute la question des responsabilités, tout le débat sur les mesures est faussé.

La FEB veut « aider à la décision ». Elle a donc préparé quatre cartouches.


1. Travailler plus longtemps


C’est la cartouche principale : travailler plus longtemps, notamment en remettant les chômeurs et les personnes de plus de 55 ans au travail. Bref, un pacte des générations bis. Le pacte de 2005 s’est attaqué à la prépension en rendant les conditions pour y accéder plus sévères, notamment en terme de carrière. La prépension à 50, 52 ou 55 ans reste possible en cas de restructuration avec licenciement massif, mais les prépensionnés doivent rester disponibles pour le marché de travail, ce qui n’était pas le cas avant le pacte des générations.

La FEB suggère deux voies : ou bien changer la loi sur la prépension en cas de restructuration, ou bien étendre le système de contrôle systématique des chômeurs au-delà de 50 ans, avec obligation d’accepter un boulot ou une formation. La FEB a même déjà pensé à la tactique à suivre : « Les plus de 50 ans ne sont pas soumis à la procédure d’activation des chômeurs. Faut-il le faire ? Discutons-en. Il ne faut pas aller nécessairement jusqu’à 60 ans d’un coup. Mais on peut le faire graduellement comme on l’a fait pour l’âge de la pension des femmes, il y a quelques années. Beaucoup de mesures, justifiées par la crise, peuvent être introduites maintenant et s’appliquer progressivement dans les années à venir. »


2. Extension du travail intérimaire


« Tout le monde dit qu’il faut mettre plus de gens au travail, mais il y a encore des réticences sur l’intérim » dit Timmermans. C’est une vieille demande qui émane surtout de Federgon, la fédération des sociétés d’intérim. Leur demande est double :

1° autoriser le travail intérimaire dans les secteurs « protégés » comme les services publics et le secteur du déménagement

2° abolir les limites légales pour pouvoir faire appel au travail intérimaire.

Jusqu’ici la loi prévoit trois circonstances précises qui justifient le travail intérimaire, ce qui permet aux syndicats de mettre des freins. Le patronat veut un quatrième critère : l’intérim comme passage vers un boulot stable. C’est à dire n’importe quand. La crise nous a montré à quoi servent les contrats d’intérim : ce sont les premières victimes d’une mauvaise conjoncture. Dans les services publics ils serviraient à redoubler l’offensive contre les contrats statutaires, qui est menée jusqu’ici par l’augmentation fulgurante de contractuels.


3. Une pension plus basse pour ceux qui partent plus tôt


La FEB propose une réforme fondamentale du système légal de pension (premier pilier). Pieter Timmermans a précisé sa pensée au micro de la RTBF-radio. Il veut un système de pension comme en Suède ou en Italie. Il faut rappeler que Berlusconi a dû braver trois grèves générales en Italie avant de pouvoir introduire sa réforme. Elle consiste à rendre la pension dépendante non seulement du nombre d’années travaillées, mais également de l’espérance de vie qu’on a devant soi. Bref, plus tôt on part en pension, moins on touche. Le pacte entre génération a introduit des bonus pour ceux qui travaillent plus longtemps. La FEB veut en fait des malus pour ceux qui prennent une pension anticipée. 


4. Allonger le temps de travail

Travailler plus en nombre d’heures pour alléger les coûts pour les patrons, pour qu’ils créent plus d’emplois. Ici c’est vraiment de l’algèbre patronal. « Sur base annuelle, la Belgique est dans le top trois des pays où l’on travaille le moins d’heures. Mais en même temps, le taux d’emploi est le plus faible d’Europe, surtout parmi les plus de 50 ans. Donc diminuer le temps de travail des uns pour donner de l’emploi à d’autres, ce sera difficile. » Diminuer le temps de travail ou la carrière des plus âgé(e)s, pour donner de l’emploi aux jeunes chômeurs peut sembler une nécessité évidente en temps de crise. Pour la FEB, c’est l’inverse qu’il faut faire. Démonstration ? C’est dans les pays qui ont le taux d’emploi le plus élevé pour les travailleurs âgés, qu’il y a aussi moins de chômage des jeunes. La FEB pourrait peut-être en conclure que le problème se situe avant tout au niveau de l’offre d’emploi, lui a répondu le président de la CSC, Luc Cortebeeck.
Réactions syndicales

« C’est cynique de proposer de remettre les plus de 50 ans au travail alors qu’il y a des milliers de pertes d’emploi sur le terrain » réagit Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB.

La CSC trouve que « la FEB a l’intention de faire payer cette crise par les travailleurs (alors que) c’est aux épaules les plus larges à supporter les charges les plus lourdes. » La CSC estime enfin que « la seule réponse que la FEB a trouvée pour répondre à l’augmentation dramatique du taux de chômage, surtout chez les jeunes, consiste à presser les chômeurs âgés. Or, c’est le chômage qu’il faut combattre et non les chômeurs ! ».

Pour en savoir plus
L’université marxiste d’été
Taxons les pauvres, ils sont plus nombreux ! (26 août) Marco Van Hees
La crise du système :
- La grande crise du 21e siècle - introduction (22-23 août) Henri Houben
- La grande crise du 21e siècle - séminaire (24-26 août) Henri Houben
- L’État peut-il sauver l’économie ? (24-25 août) Louis Colson
- Pistes rouges pour sortie de crise (26 août) Raoul Hedebouw
Info et inscriptions sur le site www.marx.be.
Les lecteurs de Solidaire qui s’inscrivent avant le 10 juillet bénéficient d’un tarif préférentiel

Marx, les crises du capitalisme.

Marxlescrisesducapitalisme

Livre :: Marx nous explique les crises actuelles

La chasse aux sorcières, les dévoiements du capitalisme étatique de certains pays dits communistes, le triomphe du libéralisme… ont relégué certaines des analyses économiques des plus pertinentes sous prétexte d’une orientation idéologique de leur auteur. Marx a naturellement été la victime de cette catégorisation qui balaie toute possibilité d’honnêteté intellectuelle permettant la reconnaissance de l’acuité d’une analyse. Mais dans la crise actuelle, un retour aux préceptes marxistes de l’économie peut être particulièrement éclairant. Pour lui, les crises sont une matière inhérente au capitalisme, qui à la recherche incessante du profit incite à produire toujours plus dans un contexte de consommation limitée. Lorsque la surproduction apparaît, on réduit alors la production et impose le chômage partiel et les licenciements. La conflagration suit : faillites, chute des actions, misère sociale… Revenir à des analyses passées permet parfois de bien mieux comprendre le présent.

Karl Marx, les crises du capitalisme, texte inédit, Demopolis, 2009, 14€

23/06/2009

Le PTB+ dit NON à la fermeture de l'atelier SNCB de Cuesmes.

Téléchargez le tract distribué lors de la dernière campagne électorale du PTB+ en soutien aux cheminots de l'arsenal de Cuesmes (SNCB), contre la fermeture de cet atelier (prévu en 2012 ....si on ne fait rien).