19/08/2009

Germain mugemangango à propos de l'implication du PTB dans la grève de Bridgestone: "Bravo de la part des camarades de Charleroi!"

Salut à toutes et tous,

p10_mugemangago_germainBravo pour cette grève exemplaire qui montre la détermination des travailleurs et de leurs délégués en cas de coup dur. Bravo pour les camarades de Mons qui ont fait preuve d'un soutien continu et sans faille au côté des travailleurs de Bridgestone. Soyez certain que les camarades du PTB à Charleroi et dans le reste du pays sont restés extrêmement attentifs à cette lutte.
La détermination patronale dans cette affaire préfigure probablement des combats qui vont se mener pendant l'année suite à la crise. Les travailleurs ont transmis un message clair au monde patronal: "la crise c'est votre faute, c'est pas nous qui allons la payer!". Une attitude dont nous nous inspirerons tout au long des mois de lutte qui nous attendent probablement.

Encore bravo

Germain Mugemangango
Président PTB-Hainaut

17/08/2009

Bridgestone Frameries - Inteview d'Alain Denooze (FGTB) et de Salvatore Acquisto (CSC); au lendemain de la reprise.

Alain Denooze“Le vote serré montre qu'il y a là une force solidaire”.

Alain Denooze, Secrétaire de la Centrale Générale (FGTB)

Interview

Vous avez connu de nombreuses restructurations et grèves, comment vous appréciez la réaction des travailleurs de Bridgestone ?

Alain Denooze : "Je profite de cet interview, au nom des travailleurs de Bridgestone et de la Centrale générale, pour remercier le PTB pour son soutien financier, et pour le soutien moral des différentes délégations tout au long de leur grève. Nous allons d'ailleurs adresser une lettre de remerciement à toutes les diverses délégations qui sont venues ou qui ont versé pour le fonds qui a rassemblé 7500 € !"

"Oui, j'ai connu pas mal de grèves, mais celle-ci était une des plus longues et des plus dures, car il y avait une lutte de principe. Parce que la Direction est passée outre la Convention collective (CCT) de facon inattendue, et surtout parce que, profitant de la fermeture du magasin, elle a voulu se débarrasser d'un délégué combatif, Maurice. Elle n'avait pas oublié la grève de 2007 pour la CCT, et qui a duré 2 semaines. Une CCT complète avec la prépension et une augmentation de pouvoir d'achat qui allait au-delà de la norme salariale. C'est pour ça qu'ils ont saisi l'occasion de la fermeture du magasin pour se débarrasser de Maurice, et c'est pour ca qu'ils ne voulaient pas reclasser des travailleurs en intene."

Comment avez-vous apprécié le vote donnant à 69 % de "non" lors de la première recommandation du bureau de conciliation ?

Alain Denooze: "Cette première proposition était très compliquée. Il y avait le reclassement des 8 dans d'autres entreprises, et le patron aurait payé la différence de salaire durant plusieurs années. Pour ca, il fallait un comité de surveillance qui devait vérifier les montants tous les trimestres. Mais surtout, ce 22 juillet, il y avait encore l'espoir d'obtenir une réintégration partielle en interne. On espérait que la Direction allait céder, pour au moins quelques travailleurs. Nous pensions aux ruptures de stock qui allait certainement arriver si on continuait encore une ou 2 semaines."

"Ce n'est que par la suite, que nous nous sommes rendus compte que nous étions devant un mur. Il n'y a pas eu de rupture de stock, les avions ont continué à voler. Mais comment le prédire ? Le patron savait ce qu'il faisait !"

"Mais ce qui est devenu encore plus clair, c'est que le patron ne voulait pas céder. Dans 'Le Soir' du 25 juillet, Clarinval annonce un message de l'actionnaire japonais: “la réintégration, ne serait-ce que d'un seul travailleur est exclue. Ils ne comprennent pas pourquoi une organisation syndicale nous pousserait à faire marche arrière. Entrer dans cette logique c'est reconnaitre que le management ne dirige plus la société”."


N'est-ce pas une attitude qu'adoptent tous les patrons, dans le but de décourager et intimider les travailleurs ?

Alain Denooze : "Dans la plupart des restructurations, il n'y a pas une attitude aussi tranchée. En général, nous arrivons à réduire le nombre de licenciements par des prépensions, des primes de départs volontaires, ou un partage du temps de travail. Ici Bridgestone en a fait une question de principe. Ensuite, lors de la Commission Paritaire du 31 juillet, ils ont très clairement et officiellement menacé de délocalisation et de fermeture si la grève continuait. N'oublions pas que 60% des pneus rechappables sont confiés par le Japon à Bridgestone Frameries. 40% sont faits au Japon et aux USA. La menace de délocalisation était donc réelle. Imaginez que dans ces conditions, où les Japonais ne voulaient pas céder, on serait arrivé au rupture de stock, que des avions seraient cloués au sol. La maison mère au japon aurait pu décider le pire."

Et le deuxième vote (7 août), donnant 57 % pour la reprise du travail et 42 % contre, vous a-t-il étonné ?

Alain Denooze : "Non il ne m'a pas étonné, d'ailleurs je préfère un vote serré. Ca veut dire que les ouvriers étaient vraiment déterminés, qu'ils sont solidaires et prets à réagir. La Direction doit se rendre compte qu'elle n'a pas tout résolu, qu'il y a encore des tas de problèmes, entre autres au niveau communication. Il y a là une force solidaire dont ils doivent tenir compte."

"Et puis l'équipe des délégués est là, dont pas mal de jeunes, ils sont prets à reprendre le flambeau et ils ont les travailleurs derrière eux."

"Meme si nous n'avons pas obtenu la réintégration, ni de Maurice ni des autres travailleurs, il y a tout de même un très bon résultat (voir article “Chapeau aux travailleurs de Bridgestone”). Même pour le travailleur CDD licencié. Son contrat aurait pris fin à la fin août. Mais nous obtenons pour lui une prime de départ de 4000€ et un reclassement dans une autre entreprise, garanti durant 3 ans. Pour un des 8 licenciés, qui a une mauvaise santé, le patron maintient l'assurance hospitalisation DKV jusqu'à ses 60 ans. Il y a 8 CDD dans l'usine qui obtiennent un CDI. Nous avons tenu à obtenir ça pour eux, car ils ont été solidaires dans la grève. Tous les points obtenus, on ne les aurait pas eus sans la lutte !"


Au niveau des centrales syndicales, y a-t-il eu une solidarité ?

Alain Denooze: "absolument. Il y a eu de nombreuses visites de délégations et du soutien financier venant de partout. Beaucoup de Flamands du Limbourg, de Gand et d'Anvers, de la Centrale générale et de l'Alimentation. Des Wallons aussi. Les métallos ont été très solidaires aussi : des délégations du métal de Liège et d'un peu partout du Hainaut. L'usine Bridgestone de Herstal a fait grève 24h et les délégués de Frameries ont pu aller expliquer ce qui se passait ici à un meeting dans le réfectoire à Herstal ! Ensuite, ils ont manifesté ensemble, Herstal et Frameries, devant le siège Europe à Zaventem."

"La mobilisation s'est faite via des appels en interne au syndicat. Là on peut voir que le syndicalisme est toujours bien vivant. Et à Bridgestone à Frameries, il y a une ésuipe assez jeune, ça veut dire qu'il y a une relève."


Pourquoi le patron ne voulait-il pas remplacer des ouvriers de 64 ans par des jeunes ?

Salvatore Acquisto, secrétaire principal CSC Energie Chimie

Interview

“J'ai connu de très nombreuses restructurations, en général la réaction de solidarité pour des copains licenciés ou pour d'autres problèmes, c'est le même un peu partout. Mais ce qui est marquant ici c'est la durée de cette action de solidarité soit 58 jours et cela se passe pendant la période de vacances."

"Autre fait marquant dans cette grève, c'est qu'elle était anti-conformiste. Lorsqu'il y a des restructurations ou fermetures de département, en général nous pouvons négocier des prépensions ou d'autres solutions. Ici, depuis le début c'était impossible. Pourtant, à Bridgestone, il y a encore des ouvriers de + de 60 ans , qui font un travail lourd, pour lequel il faut beaucoup d'attention. Pourquoi ne pas les avoir remplacé par des plus jeunes ? Il y en avait parmi les 8 licenciés. Pourquoi ??! Ou peut être n'y avait-il que cette solution pour que le protégé puisse être licencié. Probablement un jour on connaîtra la vérité."

"Et ce que je n'ai jamais vécu ailleurs non plus, c'est que les travailleurs sont restés plus de 2 semaines devant l'entrée sans aucun contact. Il a fallu l'intervention de la Ministre de l'Emploi pour obtenir un premier contact."

"Concernant la première proposition, le vote à 69 % pour la rejeter ne m'a pas étonné. Pour les travailleurs  seule la réintégration pouvait mettre fin au conflit. Le projet avec un reclassement externe, avait un processus de contrôle très lourd à réaliser. En effet, les délégués et la direction auraient dû tous les 3 mois sur base des fiches de salaires des travailleurs reclassés vérifier s'ils avaient bien les mêmes salaires étant donné que la société garantissait le salaire plus les primes de Bridgestone, et calculer la différence à combler, cela pendant 5 ans pour 7 ouvriers et pendant 8 ans pour un ouvrier."

"Lors de la Commission Paritaire du 31 juillet, il fallait examiner si les raisons d'ordre économique étaient reconnues ou pas. N'ayant pas d'accord, les organisations syndicales ont donc refusé de reconnaître ces motifs économiques. Mais la procédure prévoit que dans ce cas, le patron peut décider de licencier quand-même. Il y a donc eu “constat de carence”."

"Nous avons alors demandé aux travailleurs, lors de l'assemblée du 3 août, un mandat pour négocier, si possible des réintégrations, mais aussi une solution financière au cas où."

"Aujourd'hui, si on ne parle que de “réintégration”, c'est un échec. Mais si on regarde le tout: volet social et le reclassement immédiat des travailleurs licenciés, alors on peut dire que dans d'autres entreprises de la région, cela ne s'est jamais fait."

"D'ailleurs, je dois féliciter les travailleurs de Bridgestone pour leur détermination, j'en suis ébahi ! Et le vote final (42 % contre) prouve qu'il y avait encore des ouvriers qui voulaient continuer le combat. Le patron  devra  en tenir compte !"

02/08/2009

Bridgestone Frameries – Le rassemblement de solidarité du vendredi 31 juillet

Interview réalisée par l'équipe technique du PTB Mons-Borinage (le son peut parfois être défectueux, veuillez nous en excuser).

Ce vendredi 31 juillet, une cinquantaine de personnes, entre-autres du PTB, sont venues marquer leur soutien aux travailleurs de Bridgestone, montrant de ce geste leur solidarité dans ce combat exemplaire.

Aujourd'hui, cela fait donc plus de 53 jours qu’ils mènent une résistance courageuse face à la violence patronale qui refuse tout compromis valable. Lors de la dernière négociation du mardi 28 juillet, le patron a clairement avoué qu'il ne veut surtout pas réintégrer le délégué principal. Il s'agit donc bel et bien d'une atteinte à l'exercice du syndicalisme dans l'entreprise !!!

Dirons-nous assez que ces licenciements abusifs prouvent qu'un travailleur n'a rien d'humain pour la direction de Bridgestone-Frameries ? Car il n'est qu'une marchandise comme une autre, l'époque du "travailleur-Kleenex" ne se soucie guère de la détresse familiale provoquée par la perte d'un emploi. Le "tout-au-profit" est la règle.

Nous sommes donc de plus en plus nombreux à soutenir cette persévérance dans la lutte ouvrière. Merci à tous.

 

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01/08/2009

Priorité de gauche, pistes rouges pour sortie de crise.

Priorité de gauche rectoPeter Mertens, Président du PTB, et Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB et Président du PTB-Liège, ont assurément fait mouche avec ce livre, "priorité de gauche" (voir l'image en fin d'article).
Ecrit avec simplicité, ce livre explique la crise actuelle et la situation désastreuse dans laquelle s'enlise notre société, tout en argumentant par des exemples concrets de la vie de tous les jours. L'ultralibéralisme qui a dominé le monde politique ces cinquante dernières années, plonge actuellement la grande majorité de la population belge dans le marasme et la précarité.


Vit-on un scénario identique à celui de 1929 ? Non, je crois plutôt que la situation est bien pire encore. Les fermetures d'usines (il y en a tous les jours), et l'augmentation du nombre de chômeurs qui les accompagne, ne fait que débuter les répercussions de cette crise, que nous paierons à coup sûr si nous laissons faire les politiques tratitionnels, à la botte du système capitaliste et néo-libéral.
Ce livre donc, superbement bien écrit, lance des pistes de solutions à cette crise. Ce livre ne fait pas que dénoncer ou répéter ce que de nombeux autres ouvrages ont déjà effectué sous la plume d'économistes chevronnés, mais il donne de l'espoir aux gens, espoir fondé sur des propositions de solutions, qui font partie intégrante du programme du Parti du Travail de Belgique.
Des solutions sont donc apportées dans ce livre, non pas sous forme de fausses promesses, comme les autres partis les plus en vue ont coutume de le faire, mais bien des pistes concrètes et très facilement réalisables dans la pratique.
J'éprouve bien des difficultés à faire la promotion de ce livre sans en citer quelques passages, concernant par exemple le modèle kiwi pour la gratuité des médicaments,  le meilleur financement de l'éducation (qui doit être gratuite), le maintien des services publics, la création d'une banque publique, la taxation des biens de première nécessités comme le prix de l'énergie à 6% au lieu de 21%, une meilleure imposition sur les grosses fortunes, etc etc. Et donc je vais m'arrêter là, vous laisser vous procurer ce bouquin, et ensuite le dévorer (par la lecture, naturellement) comme je l'ai moi-même fait.

Bonne lecture.
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Priorité de gauche :: Un livre concoté aux piquets de grève et dans les salles populaires


Peter Mertens, président du PTB et Raoul Hedebouw, porte-parole, ont coécrit l’édition francophone de Priorité de gauche (éd. Aden). Ils présenteront leur livre en exclusivité le 22 mars. Solidaire vous en donne un avant goût.
David Pestieau
Peter Mertens


Depuis le congrès de mars 2008, Peter Mertens et Raoul Hedebouw ont voyagé à travers le pays : « Un vendredi soir à Liège, où nous sommes restés très longtemps chez des sidérurgistes. Un dimanche matin vers Gand pour un brunch avec des syndicalistes. Dans une salle populaire à Charleroi ou au piquet de grève dans la zone du port d’Anvers. Nous sommes surtout venus pour les écouter. Et nous avons entendu des voix qui ne trouvent jamais d’échos à la rue de la Loi. Les voix de ceux qui vivent la crise dans leur chair. Or, beaucoup de politiciens mènent une vie complètement étrangère à celle de l’homme de la rue. Ils ne savent pas ce que c’est d’avoir des difficultés à payer la facture d’énergie à la fin du mois. Ces politiciens ne subissent pas cette crise. Elle est portée par les gens normaux. »
Ainsi est né l’idée du livre Priorité de gauche, mais pas n’importe lequel : « Ce n’est pas une encyclopédie ou une brique. Pour ça, il y a des livres bien plus intéressants. Sur les nouvelles évolutions en Amérique Latine, en Inde et en Chine. Sur le rôle déclinant des Etats-Unis. Sur les contradictions croissantes au sein de l’Union Européenne où les grands pays lèvent à nouveau le drapeau du protectionnisme. Non, ce livre n’est pas l’alfa et l’oméga de la crise. Il s’agit tout simplement d’une première étape pour le débat. Pas un point final, mais un commencement. Il nous était difficile de ne pas partager ce que nous avions entendu lors de nos tournées à travers le pays. »


Vaches sacrées


Le livre prend comme point de départ les conséquences pour les gens des trois dernières décennies assombries par le néolibéralisme. Ces années où il n’y en avait que pour les partisans du marché libre : moins de contrôle, plus de privatisations, plus de cadeaux aux entreprises. La libéralisation de l’énergie, la privatisation de La Poste, les pensions et la santé vendues au privé, la vente de la CGER. Mais la crise financière a renversé ces vaches sacrées. Aujourd’hui, banques et entreprises font la quête pour recevoir l’aide de l’Etat. Après que les bénéfices aient été privatisés, les pertes sont maintenant nationalisées. Voilà pour la première partie.


Les gens d’abord, pas le profit


Aujourd’hui, la Fédérations des Entreprises de Belgique demande de nouvelles baisses des allocations pour les retraités et les sans-emplois, de nouvelles économies dans le secteur de la santé : plus de flexibilité, moins de services publics, un démantèlement de la sécurité sociale. Comme s’il fallait appliquer les mêmes recettes après la crise, qu’avant… Il est temps de proposer autre chose.
Aussi dans la deuxième partie du livre, Peter Mertens expose des mesures simples mais bien argumentées : une banque publique, une interdiction de licenciements pour les entreprises qui font des profits, une baisse de la TVA sur le gaz et l’électricité, une offre publique d’achats pour les médicaments (le modèle kiwi).
Des initiatives à la mesure des gens, pas à celle du profit.


L’orchestre du Titanic


Chaque jour on annonce de nouveaux licenciements et de nouvelles fermetures. La liste devient longue. Pour notre pays, on parle de cent mille licenciements cette année. En 2009, les Etats-Unis risquent de perdre quatre millions d’emplois.
Cette crise du système est le thème de la troisième partie, l’orchestre du Titanic. Il y a des centaines de milliers de SDF aux Etats-Unis et des millions d’habitations vides. On n’a jamais produit autant de nourriture, mais une crise d’alimentation mondiale s’annonce. Il y a des centaines de milliers de tonnes d’acier en trop alors que des paysans dans le Sud doivent encore travailler la terre à main nue.
Il y a une surcapacité toujours plus grande et une consommation en baisse. La crise va plus loin qu’une « crise de confiance morale » comme le prétendent certains. « N’en faisons pas un débat idéologique », a encore lancé un ministre récemment. « Une idéologie est une certaine vision de la société et il me semble justement qu’on n’en parle pas assez », pointe Peter Mertens.
Aussi, il démonte, décortique dans un langage simple, les origines de la crise, revient sur la crise bancaire. Et argumente en profondeur contre les dogmes de la pensée unique qui prétendent que le marché est le chemin à suivre, l’objectif à atteindre, la solution.


L’avenir commence maintenant


Mais  Priorité de gauche  ne se contente pas de faire une critique du capitalisme. Il se propose de changer radicalement de priorité pour emprunter d’autres pistes. Des pistes rouges qui partent des besoins des gens. Des pistes rouges aussi pour aller vers le socialisme.
Des pistes rouges pour que le monde du travail retrouve confiance en lui, pour que le monde sorte de la logique que « l’homme est un loup pour l’homme ». Un développement collectif et social peut amener de véritables progrès. La planification peut etre envisagée à nouveau. Une véritable démocratie peut pleinement se développer sous le socialisme.


Les maux bleus du Parti socialiste


Enfin dans la dernière partie, Raoul Hedebouw, porte-parole revient sur les « maux bleus du Parti socialiste », un parti qui affirme souvent représenter à lui tout seul la gauche au sud du pays. Et qui est au pouvoir de manière ininterrompue depuis vingt ans. Une critique nécessaire pour que la gauche puisse repartir à l’offensive dans les années à venir.

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Priorité de gauche :: Cinq questions express aux auteurs


Raoul Hedebouw et Peter Mertens pendant la manifestation pour le pouvoir d’achat. (Photo Solidaire, Martine Raeymaekers)


Pourquoi avoir écrit un livre maintenant ?
Peter Mertens. Pour certains, cette crise n’est apparemment qu’une simple crise de confiance. Selon eux, il suffirait que les gens aient à nouveau confiance dans les banques, les conseils d’administration des multinationales ou dans le gouvernement. Il s’agit là bien sûr d’une manœuvre qui leur permet de poursuivre sur leur voie, comme ils le faisaient avant la crise. La crise a renversé pas mal de tabous mais le gouvernement continue comme si de rien n’était. C’est incroyable. Ce livre a pour but de renverser le débat et d’y apporter une série de réponses socialistes.


Pourquoi un livre personnel, écrit à la première personne ?

Peter Mertens. Ce sont les éditeurs qui m’en ont persuadé (il rit). « Peter, m’ont-ils dit, si tu veux toucher un public plus vaste, tu dois oser écrire à la première personne. » J’ai donc tenté le coup. Bien sûr, cela n’empêche pas qu’un grand nombre de personnes ont collaboré à la rédaction de ce livre, trop nombreuses d’ailleurs pour que je puisse toutes les remercier ici personnellement.
Raoul Hedebouw. Dans la partie que j’ai écrit sur le Parti socialiste, j’ai eu la même démarche. Le mélange d’expériences vécues et d’analyse politique n’est pas un exercice facile mais je crois, au final, vraiment réussi, du moins je l’espère… (il rit).


D’où vient le titre Priorité de gauche. Pistes rouges pour sortie de crise ?

Raoul Hedebouw. Avec notre éditeur Gilles Martin d’Aden, nous avons mis du temps à trouver ce titre. J’ai fait appel à pas mal d’amis pour trouver un titre qui « claque » comme le dit Gilles.
Priorité de gauche est un chouette jeu de mots qui montre qu’on veut faire changer la priorité de la société. Qu’on veut donner la priorité aux plus de dix millions d’habitants de notre pays, et pas aux 72 000 millionaires de ce pays. Le livre reprend d’ailleurs plusieurs dizaines de témoignages de la vie quotidienne qui démontrent que ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise. C’est là un des principes du livre.
Et avec le sous-titre, on voulait surtout montrer notre livre n’est pas seulement un livre de dénonciation du capitalisme mais qu’on proposait aussi des alternatives. Notre livre parle de notre vision d’une société socialiste où seules les choses qui comptent réellement importent et non la soif de profit maximum d’un petit groupe d’actionnaires.


Quel était le défi le plus difficile du livre?
Peter Mertens. Le plus difficile a été de trouver le bon ton. Généralement, l’analyse politique avait déjà été élaborée par le bureau d’étude du parti. Les fidèles lecteurs de Solidaire s’en apercevront. Néanmoins, la manière de présenter les choses est aussi très importante. Il faut que cela soit abordable, il faut donner au livre un certain rythme et que le tout soit facile et agréable à lire. J’ai donc travaillé et retravaillé le style. D’un autre côté, j’ai aussi beaucoup bûché sur le contenu. Moi-même j’ai appris un tas de choses en l’écrivant.


Ce livre est-il plutôt wallon ou flamand ?

Raoul Hedebouw. (Étonné) Un livre wallon ou flamand, c’est quoi ? Le chômage économique touche aussi bien les travailleurs wallons de Caterpillar à Gosselies que les flamands de Volvo à Gand. Et les pensionnés qui vivent sous le seuil de pauvreté - un quart des pensionnées du pays - vivent aussi bien à Liège qu’à Anvers. Tous ces exemples sont aussi repris dans le livre.
Peter Mertens. De même, les remèdes ne sont pas régionaux, et c’est justement ce que les nationalistes de tout poil tentent de nous faire croire. Une banque publique par exemple, cela ne s’organise pas à l’échelle régionale mais à l’échelle nationale, ou à une échelle plus vaste encore. Le livre soulève également d’autres aspects. Raoul a adapté la version francophone d’une façon remarquable en y ajoutant des débats et exemples spécifiques. La seule grande différence entre l’édition francophone et la néerlandophone c’est que Raoul a écrit une annexe sur le Parti socialiste tandis que dans la version néerlandaise, j’ai écrit une annexe sur le programme de la Liste Dedecker, un parti de droite qui monte au Nord du pays.

 

Pour commander cette éditon, cliquez ici.

28/07/2009

Bridgestone - Rassemblement de solidarité

Appel du Comité de soutien aux travailleurs de Bridgestone:



Venez nombreux au



RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ

CE VENDREDI 31 JUILLET À 16H



Au piquet de grève de l'usine Bridegestone, Route de Bavay à Frameries

25/07/2009

La crise du système

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 La crise secoue bien des certitudes. Chassé des universités, Marx est aujourd’hui, à la faveur de la crise, en train de faire un come-back remarquable. Même – ou est-ce surtout ? – des économistes en plein désarroi le redécouvrent.


Certains ne l’avaient jamais oublié. Depuis le krach de la bulle informatique en 2001, l’économiste marxiste Henri Houben ne cesse de répéter que le système économique international se fragilise de plus en plus, que les États-Unis n’ont guère de marge de manœuvre et qu’un nouveau krach, de l’ampleur au moins de celui de 1929, est inévitable. Avec Jo Cottenier, il décrypte la crise actuelle, en préparation depuis trente-cinq ans, et montre en quoi il s’agit d’une véritable « crise du système », ayant pour fondement la manière même de fonctionner du capitalisme.

François Ferrara analyse le rôle croissant du crédit, dont l’effet est de spolier une deuxième fois les travailleurs.

Dans sa contribution sur l’intervention de l’État, Herwig Lerouge passe au crible la tonitruante critique des fervents du marché libre qui tout d’un coup ont découvert les avantages de la nationalisation, injectant même de l’argent dans le secteur bancaire et créant ainsi une sorte de « socialisme pour les riches ».

Le socialisme comme solution de rechange au capitalisme, que les nouveaux marxistes à la mode préfèrent oublier, est par contre au cœur du débat mené par les quatre auteurs. Que ce numéro d’Études marxistes incite à (re)découvrir Marx, le vrai.

Acheter ce numéro

Cliquez sur l'image pour suivre la thématique de ce dossier sur le site du PTB:

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18/07/2009

Frameries - Bridgestone

TELECHARGER LE TRACT DU PTB


Résistance exemplaire des travailleurs de Bridgestone à Frameries.

La société Bridgestone Frameries, spécialisée dans le rechapage de pneus d’avion, est en très bonne santé économique et financière : tous les ratios étudiés sont fort positifs et en augmentation par rapport à 2007. Le chiffre d’affaires est passé entre 2007 et 2008 de 53,2 millions d’euros à 62,3 millions d’euros. Le bénéfice de l’entreprise a doublé puisqu’il est passé de 2,5 millions d’euros en 2007 à 5,2 millions d’euros en 2008.

La bonne santé de l’entreprise est due principalement au travail fourni par les 180 ouvriers et employés. En effet, chaque travailleur a rapporté en 2008 74.090 euros ce qui est 21.500 euros de plus qu’en 2007. Cependant, cela n’a pas été rendu aux travailleurs puisque 2,59 millions ont servi à rémunérer le capital.

Pour arriver à un niveau si élevé de bénéfice, l’entreprise perçoit aussi de nombreux avantages et ne répond pas à ses engagements vis-à-vis des travailleurs notamment en termes de formation. Ainsi, rien qu’en 2008, les intérêts notionnels, les réductions des cotisations de sécurité sociale et les économies au niveau de la formation ont permis à l’entreprise d’épargner 1,14 millions d’euros.

L’entreprise utilise depuis plusieurs années des travailleurs sous contrats précaires que ce soit sous forme de CDD (Contrats à Durée Déterminée) ou d’intérimaires. En 2008, elle a fait appel sur l’année à 11 intérimaires et 21 CDD. Cela démontre qu’il y a beaucoup de travail puisque l’entreprise est obligée d’engager des travailleurs extérieurs.

Pourtant, à la surprise générale, la direction de Bridgestone Frameries décide le 11 juin 2009 de licencier brutalement 8 travailleurs dont le délégué principal de la FGTB, par ailleurs secrétaire du conseil d’entreprise et présent sur le site depuis 1980, en invoquant la délocalisation du magasin "pneus" à Zeebruges.

Cette décision unilatérale va à l'encontre de la dernière convention collective de travail conclue sur le plan de l'entreprise pour les années 2007-2008 et 2009, à savoir pour l'article 1 de la CCT : "L'entreprise mettra tout en œuvre en vue d'éviter des licenciements pour raisons économiques et techniques. Si des difficultés surviennent en la matière, il est préalablement instauré un régime de chômage partiel, si possible par roulement."

Ces licenciements étant inacceptables, les travailleurs partent en grève en front commun le jour-même. Aujourd’hui cela fait un mois qu’ils mènent une résistance courageuse face à la violence patronale qui refuse tout dialogue alors que des pistes sérieuses pourraient être envisagées via, par exemple, un reclassement des travailleurs concernés à la production en remplacement de futurs prépensionnés.

Au lieu de ça, cette même direction a tenté, heureusement sans succès, de diaboliser ces pères de famille en inventant des actes de violence et des séquestrations imaginaires. Nous ne sommes pas dupes, ces licenciements prouvent que pour Bridgestone, un travailleur n'a rien d'humain, il n'est qu'une marchandise comme une autre. Bridgestone ne se soucie pas de la détresse familiale provoquée par la perte d'un emploi. Leur seul et unique souci, c'est la maximisation de leur profit.

Comment interpréter le mutisme de la direction après un mois de grève ? Elle espère évidemment un essoufflement de la contestation en laissant pourrir la situation mais ne s'imaginait pas rencontrer une telle détermination des travailleurs.

Le PTB soutient avec force les travailleurs de Bridgestone qui mènent une lutte exemplaire et qui demandent purement et simplement la réintégration des 8 travailleurs licenciés. C’est pourquoi, dans un cadre plus large,  nous attendons du gouvernement des mesures d’urgence sociale comme l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices.

Face à la détermination arrogante de la direction, la détermination du monde du travail doit être forte et durable. Ainsi, un mouvement de solidarité des travailleurs de Bridgestone Frameries a été créé sur Facebook à l'initiative de Florence Defourny (Service Jeunes FGTB), ainsi qu’un comité de soutien.

Camarades, allons manifester notre soutien aux travailleurs de Bridgestone Frameries en nous rendant au piquet de grève. Notre présence, avec celle de toute la gauche anticapitaliste, rechargera les batteries des travailleurs et pourrait faire de cette lutte le symbole de l’unité de la classe ouvrière face aux attaques patronales.

John B.

La délégation syndicale de Bridgestone, FGTB et CSC, a décidé d’ouvrir un compte de solidarité où les fonds versés seront destinés aux ouvriers en grève :


Numéro de compte: 035–7064230-52.

En communication: S.T.Bridgestone.
 

Bridgestone. Piquet + pneus.14.07.09

Bridgestone. Piquet de grève le 6 juillet 2009

Bridgestone. Piquet du matin.14.07.09

Bridgestone. piquet.14.07.09

 

TELECHARGER LE TRACT DU PTB

Bridgestone à Frameries : la force d’une délégation soudée

Vendredi 10 juillet, La Province (Sudpresse) publie un interview du patron Clarinval. Concernant les 8 ouvriers licenciés, celui-ci déclare: « on leur retrouve un job dans les environs, avec en plus une enveloppe de 30.000 € bruts pour certains. Que faut-il de plus ? »

Alain Denooze, secrétaire de la Centrale générale (FGTB) répond immédiatement dans La Province du lendemain : « M. Clarinval veut faire croire que les ouvriers vont toucher le pactole alors que la direction ne leur « offre » que le préavis légal plus une indemnité d’un à deux mois de salaire selon l’ancienneté de chacun ».

Au piquet de Bridgestone, nous recevons des explications complémentaires : « Les sommes de 20.000 et 30.000 €, ce sont les préavis légaux. De toute façon, jusqu’à présent les ouvriers licenciés ont touché entre 4000 et 17.000 €. Il ne faut pas oublier que durant la période du préavis, entre 6 et 9 mois, les ouvriers concernés ne toucheront pas d’autre revenu. Et ces sommes sont évidemment fortement taxées. Question de l’enveloppe supplémentaire il n’y a rien de concret. »


La délégation syndicale a déjà montré sa bonne volonté.

La délégation et les ouvriers avaient montré leur bonne volonté lorsque le patron leur a annoncé son « projet » de transférer le stock de pneus à Zeebruges. Le projet a été annoncé au Conseil d’Entreprise du 27 mai, en fin de réunion. Le lendemain, 28 mai, en négociation, la délégation syndicale propose le reclassement des ouvriers du magasin de pneus dans la production. Des ouvriers qui faisaient l’horaire du jour mais qui étaient d’accord de tourner à nouveau à 3 pauses, malgré leur âge. Ces ouvriers ont déjà travaillé dans la production par le passé, ils connaissent donc le travail. La négociation n’a pas abouti. Mais malgré cela, dès le 2 juin le patron mettait en application son « projet » !  Les pneus étaient embarqués par les transporteurs de 2XL « A ce moment-là, nous avons laissé partir les pneus, nous pensions que lors de la suivante négociation, une solution serait dégagée ! »

Malgré les différentes propositions syndicales, la Direction n’a rien voulu entendre, et c’est ainsi que le 11 juin, les 8 ouvriers ont été appelé à la Direction pour rendre leur badge. Alors qu’ils n’avaient même pas encore reçu leur C4. Les ouvriers ont réagi immédiatement et sont partis en grève.

Le chômage économique aurait été une solution.


La proposition de la délégation de reclasser les 8 ouvriers dans la production, était réalisable quitte à organiser le chômage partiel. Clarinval déclare que le chômage économique est impossible parce que l’usine n’est pas en difficulté économique.

Les délégués nous expliquent qu’ils ne demandaient pas du chômage économique, mais le chômage partiel, et que cela est tout à fait possible à condition de demander une dérogation.

Un ouvrier intervient : « je comprends pourquoi la Direction fait appel à une firme de sous-traitance de Zeebruges ! Nous leur avons posé la question aux chauffeurs des camions de 2XL : ce sont des transporteurs polonais qui gagnent 780 € par mois. C’est ça la sous-traitance ! »

Un autre ouvrier : « Le but est de décapiter la délégation syndicale, en vue de la CCT de l’année prochaine ! »

« C’est vrai que nous avons une délégation soudée, CSC – FGTB, et le patron a tout intérêt à les affaiblir. En délocalisant le magasin, le patron a trouvé là une bonne opportunité pour lui de toucher à un délégué, le délégué principal FGTB. S’il aboutit, il affaiblit une équipe. Pas seulement pour la CCT, pour tout. »

« Quand je vois ça je suis révolté », dit un collègue. « Entretemps, la Direction jette l’argent par les fenêtres. Voyez la Société de gardiennage qu’elle a engagée pour « protéger l’usine » ! Alors que nous sommes là, jour et nuit. Nous sommes les premiers à vouloir garder intact notre outil de travail ! Depuis le début de la grève, combien coûtent ces gardes, entre 10 et 12 tous les jours ? C’est pas une provocation, ça ? »

« Et les voitures de leasing qui sont là ! Il y a 10 ans, il n’y en avait que deux. Aujourd’hui, 15 directeurs ont leur voiture de service, il faut compter aussi leurs cartes à essence et leurs cartes visa ! D’ailleurs dans le bilan de l’entreprise, les dépenses « non-admises » s’élèvent à 750.000 €. Alors, pourquoi faire le difficile pour 8 ouvriers ?! ».

Visite à l’Ambassade du Japon

Lundi 13 juillet, la délégation syndicale s’est rendue à l’Ambassade du Japon dans le but d’obtenir une entrevue avec la Direction supérieure de Bridgestone qui a son siège au japon. Ils y ont remis le dossier de Bridgestone et ont fait comprendre aux fonctionnaires de l’Ambassade que la Direction du Japon n’est pas respectueux envers les travailleurs de Bridgestone, car jusqu’à présent ils n’ont pas accepté de les rencontrer. Espérant que les Japonais tiennent à leur image, la délégation espère une réaction rapide.

Voilà quelques témoignages de travailleurs de Bridgestone. Après 5 semaines de grève ils sont plus que jamais décidés de continuer.

Ils méritent un soutien important !


Pour rappel, le numéro de compte ouvert par la délégation syndicale en front commun :

N°: 035–7064230-52.        Mention : S.T.Bridgestone.

Thérèse M.

12/07/2009

La FEB présente les quatre cartouches de son fusil anti-crise

Quand le gouvernement prépare un plan d’économies, les patrons de la FEB (Fédération des Entreprises Belgique) sont toujours les premiers à faire connaître leur desiderata. Et, cette fois-ci, ils font froid dans le dos.

Jo CottenierFEB


Plan de la FEB pour résoudre la crise : renforcer la mise au travail des +55 ans. Sera-t-il encore possible de profiter d'une pension bien méritée dans quelques années? (Photo Solidaire, Salim Hellalet)

Pieter Timmermans, le directeur général de la FEB, démarre avec un constat fort: « On flirte avec des chiffres de déficit et de taux d’endettement d’il y a vingt ans. On est pratiquement revenu à la situation des années 80. Et les gens vont comprendre qu’il faut prendre des mesures maintenant, avec un effet croissant . »

Cette façon de présenter les choses nous rappelle qu’il y a deux façons de mentir : par ce qu’on dit ou par ce qu’on ne dit pas. Le tout est de savoir POURQUOI on est pratiquement revenu à la situation des années 80. C’est pourtant très simple : parce que l’Etat a dû verser des sommes gigantesques pour secourir les banques. Parce que la chasse au profit maximum a entraîné l’économie mondiale dans la plus grande crise depuis les années 30. « Les gens vont comprendre qu’il faut prendre des mesures » dit Timmermans. Bien sûr que les gens comprennent. Le tout est de savoir LESQUELLES. Si on saute la question des responsabilités, tout le débat sur les mesures est faussé.

La FEB veut « aider à la décision ». Elle a donc préparé quatre cartouches.


1. Travailler plus longtemps


C’est la cartouche principale : travailler plus longtemps, notamment en remettant les chômeurs et les personnes de plus de 55 ans au travail. Bref, un pacte des générations bis. Le pacte de 2005 s’est attaqué à la prépension en rendant les conditions pour y accéder plus sévères, notamment en terme de carrière. La prépension à 50, 52 ou 55 ans reste possible en cas de restructuration avec licenciement massif, mais les prépensionnés doivent rester disponibles pour le marché de travail, ce qui n’était pas le cas avant le pacte des générations.

La FEB suggère deux voies : ou bien changer la loi sur la prépension en cas de restructuration, ou bien étendre le système de contrôle systématique des chômeurs au-delà de 50 ans, avec obligation d’accepter un boulot ou une formation. La FEB a même déjà pensé à la tactique à suivre : « Les plus de 50 ans ne sont pas soumis à la procédure d’activation des chômeurs. Faut-il le faire ? Discutons-en. Il ne faut pas aller nécessairement jusqu’à 60 ans d’un coup. Mais on peut le faire graduellement comme on l’a fait pour l’âge de la pension des femmes, il y a quelques années. Beaucoup de mesures, justifiées par la crise, peuvent être introduites maintenant et s’appliquer progressivement dans les années à venir. »


2. Extension du travail intérimaire


« Tout le monde dit qu’il faut mettre plus de gens au travail, mais il y a encore des réticences sur l’intérim » dit Timmermans. C’est une vieille demande qui émane surtout de Federgon, la fédération des sociétés d’intérim. Leur demande est double :

1° autoriser le travail intérimaire dans les secteurs « protégés » comme les services publics et le secteur du déménagement

2° abolir les limites légales pour pouvoir faire appel au travail intérimaire.

Jusqu’ici la loi prévoit trois circonstances précises qui justifient le travail intérimaire, ce qui permet aux syndicats de mettre des freins. Le patronat veut un quatrième critère : l’intérim comme passage vers un boulot stable. C’est à dire n’importe quand. La crise nous a montré à quoi servent les contrats d’intérim : ce sont les premières victimes d’une mauvaise conjoncture. Dans les services publics ils serviraient à redoubler l’offensive contre les contrats statutaires, qui est menée jusqu’ici par l’augmentation fulgurante de contractuels.


3. Une pension plus basse pour ceux qui partent plus tôt


La FEB propose une réforme fondamentale du système légal de pension (premier pilier). Pieter Timmermans a précisé sa pensée au micro de la RTBF-radio. Il veut un système de pension comme en Suède ou en Italie. Il faut rappeler que Berlusconi a dû braver trois grèves générales en Italie avant de pouvoir introduire sa réforme. Elle consiste à rendre la pension dépendante non seulement du nombre d’années travaillées, mais également de l’espérance de vie qu’on a devant soi. Bref, plus tôt on part en pension, moins on touche. Le pacte entre génération a introduit des bonus pour ceux qui travaillent plus longtemps. La FEB veut en fait des malus pour ceux qui prennent une pension anticipée. 


4. Allonger le temps de travail

Travailler plus en nombre d’heures pour alléger les coûts pour les patrons, pour qu’ils créent plus d’emplois. Ici c’est vraiment de l’algèbre patronal. « Sur base annuelle, la Belgique est dans le top trois des pays où l’on travaille le moins d’heures. Mais en même temps, le taux d’emploi est le plus faible d’Europe, surtout parmi les plus de 50 ans. Donc diminuer le temps de travail des uns pour donner de l’emploi à d’autres, ce sera difficile. » Diminuer le temps de travail ou la carrière des plus âgé(e)s, pour donner de l’emploi aux jeunes chômeurs peut sembler une nécessité évidente en temps de crise. Pour la FEB, c’est l’inverse qu’il faut faire. Démonstration ? C’est dans les pays qui ont le taux d’emploi le plus élevé pour les travailleurs âgés, qu’il y a aussi moins de chômage des jeunes. La FEB pourrait peut-être en conclure que le problème se situe avant tout au niveau de l’offre d’emploi, lui a répondu le président de la CSC, Luc Cortebeeck.
Réactions syndicales

« C’est cynique de proposer de remettre les plus de 50 ans au travail alors qu’il y a des milliers de pertes d’emploi sur le terrain » réagit Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB.

La CSC trouve que « la FEB a l’intention de faire payer cette crise par les travailleurs (alors que) c’est aux épaules les plus larges à supporter les charges les plus lourdes. » La CSC estime enfin que « la seule réponse que la FEB a trouvée pour répondre à l’augmentation dramatique du taux de chômage, surtout chez les jeunes, consiste à presser les chômeurs âgés. Or, c’est le chômage qu’il faut combattre et non les chômeurs ! ».

Pour en savoir plus
L’université marxiste d’été
Taxons les pauvres, ils sont plus nombreux ! (26 août) Marco Van Hees
La crise du système :
- La grande crise du 21e siècle - introduction (22-23 août) Henri Houben
- La grande crise du 21e siècle - séminaire (24-26 août) Henri Houben
- L’État peut-il sauver l’économie ? (24-25 août) Louis Colson
- Pistes rouges pour sortie de crise (26 août) Raoul Hedebouw
Info et inscriptions sur le site www.marx.be.
Les lecteurs de Solidaire qui s’inscrivent avant le 10 juillet bénéficient d’un tarif préférentiel

Marx, les crises du capitalisme.

Marxlescrisesducapitalisme

Livre :: Marx nous explique les crises actuelles

La chasse aux sorcières, les dévoiements du capitalisme étatique de certains pays dits communistes, le triomphe du libéralisme… ont relégué certaines des analyses économiques des plus pertinentes sous prétexte d’une orientation idéologique de leur auteur. Marx a naturellement été la victime de cette catégorisation qui balaie toute possibilité d’honnêteté intellectuelle permettant la reconnaissance de l’acuité d’une analyse. Mais dans la crise actuelle, un retour aux préceptes marxistes de l’économie peut être particulièrement éclairant. Pour lui, les crises sont une matière inhérente au capitalisme, qui à la recherche incessante du profit incite à produire toujours plus dans un contexte de consommation limitée. Lorsque la surproduction apparaît, on réduit alors la production et impose le chômage partiel et les licenciements. La conflagration suit : faillites, chute des actions, misère sociale… Revenir à des analyses passées permet parfois de bien mieux comprendre le présent.

Karl Marx, les crises du capitalisme, texte inédit, Demopolis, 2009, 14€

01/07/2009

Dites-nous ce qui a fait la différence le 7 juin et gagnez un bongo!

Image Raoul HedebouwCher(e) Ami(e),

Aux élections du 7 juin, le PTB+ a obtenu deux fois plus de voix qu’en 2004. Un résultat appréciable, mais nous voulons faire mieux la prochaine fois. 

Aussi, nous lançons une grande enquête d’opinion. Nous aimerions connaître votre avis, même si vous n’avez pas voté pour nous. Quel signal avez-vous voulu donner par votre vote? Il est très important pour nous de bien comprendre pourquoi les gens votent (ou ne votent pas) pour le PTB. Et votre avis sur notre campagne nous intéresse également. 

Vous pouvez nous aider en remplissant ce petit questionnaire. Cela ne vous prendra que dix minutes. Toutes les données restent confidentielles et anonymes.

En échange, vous pouvez avoir une chance de gagner un séjour Bongo (un week-end avec nuit à l’hôtel et petit déjeuner)

Un grand merci pour votre collaboration!

Raoul Hedebouw
Porte-parole du PTB

>> commencer le questionnaire <<

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23/06/2009

Le PTB+ dit NON à la fermeture de l'atelier SNCB de Cuesmes.

Téléchargez le tract distribué lors de la dernière campagne électorale du PTB+ en soutien aux cheminots de l'arsenal de Cuesmes (SNCB), contre la fermeture de cet atelier (prévu en 2012 ....si on ne fait rien).

12/06/2009

Raoul parle des résultats des élections pour le PTB+.

08/06/2009

Interview de Thérèse Michels - Tête de liste PTB+ au lendemain des élections.

23:10 Écrit par PTB Mons/Borinage dans Elections | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : interview, elections, socialisme, social, ptb |  Facebook |